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Communiqués

Discours de S.A.S le Prince Albert II à l'occasion de l'ouverture de la session extraordinaire du Conseil d'Administration du PNUE à Monaco

20 février 2008

Monsieur le Directeur exécutif, Mesdames et Messieurs les Ministres, Excellences, Mesdames et Messieurs,

C'est une très grande fierté pour Monaco d'accueillir l'ensemble des participants du « Programme des Nations Unies pour l'Environnement».

Je remercie chacune et chacun d'entre vous d'avoir accepté de venir en Principauté. Je sais que vos parcours et vos expériences enrichiront les nombreux moments d'échanges à venir.

Avant tout, je voudrais vous dire que suite aux derniers événements dramatiques survenus au Kenya, j'ai une pensée émue pour toutes les familles cruellement touchées par les dissensions et les affrontements. Je souhaite que le Kenya retrouve au plus vite le chemin de la paix autour des intérêts suprêmes du pays.

A ce propos, je tiens à adresser à Madame Wangari Maathaï, qui n'a pu nous rejoindre en raison des événements, mon plus chaleureux soutien.

Aujourd'hui, nous sommes réunis parce que conscients des défis posés par l'avenir de notre Planète, nous savons que tout est encore possible si nous agissons maintenant.

La crise environnementale est mondiale. L'Humanité est entrée dans une époque où les destins des peuples sont indissociablement liés. Nous devons mettre au point des politiques efficaces et mener des actions exemplaires pour protéger les ressources écologiques irremplaçables dont nous sommes dépositaires.

Conscients aussi de notre responsabilité vis à vis des générations futures, il est nécessaire d'agir aujourd'hui pour offrir davantage de certitudes en matière de choix d'investissement tout en privilégiant les améliorations technologiques.

Nous devons entrer dans l'âge de l'innovation et de la créativité. Les scientifiques du Groupe Intergouvernemental d'Experts sur l'évolution des climats le martèlent : la hausse des températures, la surexploitation des milieux naturels, l'élévation du niveau des mers et des océans, mettront en grand danger la nature mais aussi l'Humanité.

Je m'adresse à vous aujourd'hui empreint d'optimisme car je crois que tous ensemble nous pouvons réussir.

J'ai participé en octobre dernier à une table ronde au sein de l'ONU sur le financement du changement climatique. Il est apparu clairement que les finances publiques et le secteur financier privé ont un rôle clé à jouer dans la promotion du développement durable. Certains experts soutiennent de manière convaincante que le réchauffement de la Planète est un facteur d'évolution des politiques publiques comme privées de la même ampleur et de la même importance que la globalisation des marchés ou des changements démographiques.

Mais cela ne se fera pas sans une réglementation internationale cohérente encourageant les principales économies mondiales à coopérer pour que se développent des technologies de remplacement des plus performantes.

Cette démarche permettra aussi de soutenir le développement économique sans porter préjudice aux ressources essentielles. N'oublions pas non plus à quel point le monde de l'entreprise peut être un facteur puissant et déterminant de changement quand il cherche, de manière positive, à modifier la conscience des consommateurs.

Une des ambitions que j'ai pour mon pays, est qu'il devienne une destination privilégiée pour les entrepreneurs et les professionnels de l'investissement impliqués dans la recherche, le développement et la commercialisation de nouvelles technologies en matière d'environnement.

Même si les évolutions climatiques sont désormais inéluctables, il est indispensable, pour en limiter la portée, que nos économies se réforment profondément et s'engagent vers une réduction des émissions carbonées comme les scientifiques nous le recommandent.

Monaco a ratifié le Protocole de Kyoto et s'est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 8% par rapport à 1990 sur la période 2008-2012. Pour atteindre pleinement cet objectif, la définition et la mise en Suvre d'un Plan Energie Climat seront nécessaires.

Dans ce cadre, depuis 2007, nous avons à plusieurs reprises compensé les émissions « irréductibles » de gaz à effet de serre émis sur le territoire lors des grands événements en vue de la neutralité carbone de ceux-ci, ce que nous faisons également pour cette assemblée du PNUE.

Le concept de neutralité carbone de la Principauté est un élément parmi d'autres de la politique publique globale de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de maîtrise de la consommation d'énergie que j'ai demandée à mon Gouvernement.

Je souhaite aussi que l'application de ce concept renforce la politique de coopération monégasque axée sur la lutte contre la pauvreté et qui pourrait, avec l'objectif de neutralité, développer un lien fort sur la question des changements climatiques qui affectent prioritairement les populations les plus démunies.

L'objectif de moins 20% en 2020 qui paraissait impensable il y a quelques années, est désormais clairement établi en Europe. Dans le cadre du partenariat que ma Fondation a instauré avec la Fondation des Nations Unies au sein du Global Leadership for Climate Action, il est envisagé une réduction globale de 60% d'ici à 2050.

Nous sommes conscients, notamment depuis les conclusions du rapport Stern il y a maintenant un peu plus d'un an, que le coût de ces adaptations est incontestablement inférieur à celui des dommages économiques, sociaux et environnementaux qui seront causés à notre Planète si ces ajustements ne sont pas faits. L'effort de financement que cela suppose est une priorité dont tous les décideurs doivent être conscients.

Il sera également nécessaire de moraliser le marché de la compensation des émissions carbone afin de ne pas laisser croire aux consommateurs qu'il suffit de payer pour effacer l'impact de leur pollution sur la Planète.

Autre sujet qui me tient à coeur, l'Arctique. Selon «l'Arctic Climate Impact Assessement (ACIA) », les régions Arctiques connaissent « certains des changements climatiques les plus rapides et sévères sur la terre » avec un réchauffement moyen deux fois plus rapide qu'ailleurs dans le monde durant ces dernières décennies.

J'ai pu constater, lors de mes visites en Arctique, la très forte régression des glaces polaires. En 2007, les observations satellitaires constatent une perte de 20% de la surface de la banquise d'été en un an. Certains scientifiques, compte tenu de ces nouveaux résultats, envisagent une disparition totale de la banquise d'été aux alentours de 2013 et non plus de 2030.

Si les processus observés sont irréversibles (en 2009 le satellite CRYOSAT 2 fournira des informations plus précises sur la quantité de glace polaire), les conséquences peuvent être dramatiques car un relèvement du niveau de la mer influera sur la vie des populations des territoires côtiers.

Au plan scientifique, l'accumulation des glaces au Pôle Nord est un livre ouvert pour les chercheurs afin d'analyser les changements climatiques passés. Les particules contenues dans la glace permettent, entre autres, d'établir des corrélations étroites entre l'évolution climatique et la production des gaz à effet de serre depuis la révolution industrielle.

L'Arctique, on le sait, est un observatoire privilégié de la santé de notre Planète. C'est pourquoi, dans le cadre de l'Année Polaire Internationale, j'aimerais, que de toute urgence, une réflexion soit menée avec tous les pays concernés, afin de sauvegarder la région Arctique, les peuples qui y vivent et sa biodiversité.

C'est avec cette préoccupation que j'ai demandé à ma Fondation de réfléchir à des actions qui pourraient être réalisées en Arctique. Monaco est également prêt à accueillir toutes initiatives qui permettraient de faire progresser cette démarche. Je souhaite aussi que le Conseil d'Administration du PNUE puisse se pencher sur ce problème afin de proposer des solutions concrètes.

Pour la première fois de notre Histoire, l'homme a compris qu'il est un habitant de la Planète et qu'à ce titre il doit penser et agir de façon globale. La révolution des consciences est en train de se faire, une conscience civique universelle de naître. Une nouvelle solidarité voit le jour, elle aussi sera planétaire car il s'agit du destin de l'Humanité. Faisons preuve d'humanisme, de fraternité, de générosité et n'oublions pas qu'il n'est rien d'aussi gratifiant qu'une victoire difficile dès lors que le combat dépend de nous.

Je vous remercie.

Lien vers : 10ème Session extraordinaire du Conseil d'administration du Programme des Nations Unies pour l'environnement